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 across the stars ♠ pv Garett.

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MessageSujet: across the stars ♠ pv Garett.   Ven 22 Juil - 0:10



garett & joseph ; across the stars

03h05. Le ciel était dégagé. Il faisait nuit noir, mais la voute céleste et la pleine lune, magnifiques, éclairaient la surface lisse de l’Atlantique. Un désert d’étoiles qui s’étendait à perte de vue. Une seule chose semblait perturber ce délicieux spectacle, ce calme plat ; le RMS Titanic qui fendait les eaux de son énorme proue. Quelques lumières n’avaient pas encore été éteintes, les couloirs et certaines pièces demeurant éternellement allumés, mais les trois quarts des habitants du majestueux paquebot étaient plongés dans un sommeil réparateur. Les seuls encore debout étaient quelques officiers, des membres de l’équipage et les jeunes hommes que je voyais se faufiler jusqu’aux balustrades. Leurs vêtements ne laissaient aucun doute quant à leur appartenance à la troisième classe. Ils souriaient, riaient bruyamment et se donnaient de grandes claques dans le dos en titubant. Je soupirai et sursautai légèrement lorsqu’une main se posa sur mon épaule. Je me retournai, pour constater qu’on ne faisait que me relever. D’un signe de tête, je saluai mon supérieur puis m’éclipsai hors de la pièce afin d’aller prendre l’air. Le vent frais m’agressa brusquement et je remontai le col de ma veste afin de me couvrir un peu mieux. Les nuits étaient de plus en plus froides, mais j’avais connu bien pire. Je plongeai une main dans la poche de ma veste pour en sortir une boite métallique de laquelle je tirai une cigarette que je glissai entre mes lèvres.

Je l’allumai rapidement et replongeai mes mains glacées au fond de mes poches. Un frisson parcourut mon corps déjà épuisé de veiller aussi tard. Certes, j’avais désormais l’habitude de vivre des journées et des nuits dénuées de sens. Dormir quatre heures, prendre mon tour de garde, dormir quatre autres heures. C’était un rythme épuisant, mais je m’y étais habitué, à force. Néanmoins à l’heure actuelle je n’avais aucune envie d’aller me coucher. Du moins, pas tout de suite. Je décidai de profiter un peu de mon rare temps libre afin de me dégourdir les jambes. Rester debout presque immobile pendant plusieurs heures n’avait absolument rien de confortable. Mes pas me menèrent jusqu’aux balustrades. J’avais rarement le temps de venir jusqu’ici et de toute manière, elles étaient toujours bondées de monde. Un sourire aux lèvres, je remarquai que je n’étais pas le seul à avoir eu cette idée. Les jeunes hommes que j’avais aperçus un peu plus tôt se trouvaient à quelques mètres. Ils se figèrent néanmoins en remarquant ma présence et en reconnaissant mon uniforme. Je sortais ma main de ma poche et m’emparai de ma casquette afin de la retirer.

« Je ne suis plus de service, je ne suis qu’un type qui fume sa cigarette avant d’aller se coucher, » dis-je avec un sourire en coin.

Ils me répondirent avec de larges sourires et de grands signes de main, avant de poursuivre leur promenade agitée. Je secouai la tête. Je les enviais un peu, je devais bien l’avouer. J’adorais mon métier, mais il m’arrivait parfois d’avoir envie de me détendre comme eux le faisaient. Après tout, ils n’avaient qu’à profiter du voyage. Je tirai une dernière latte sur ma cigarette avant de la jeter au loin, jusqu’à ne plus voir le point incandescent, immédiatement éteint par l’eau salée. Je restais un moment dans cette position, mes avant-bras appuyés sur la balustrade, le regard perdu dans le vide. J’étais fier de faire partie du premier voyage de ce paquebot. Il était immense, magnifique, et un bel avenir s’offrait à lui. J’aimais cet endroit, ainsi que son équipage, et je commençais même à espérer que je pourrais peut-être travailler assez longtemps sur le RMS Titanic. Je me redressai en frissonnant, bien décidé à regagner la chaleur de ma cabine dans le but de dormir quelques heures avant de devoir reprendre le travail. J’enfonçai à nouveau mes mains dans mes poches, et le visage enfoncé dans le large col de ma veste jusqu’en dessous de mon nez, je fis demi-tour. C’est alors qu’une silhouette se découpa dans l’obscurité, un peu plus loin. Je m’avançai jusqu’à elle pour reconnaître le jeune machiniste que j’avais tiré d’affaire la veille. Une bande d’imbécile avait trouvé intéressant de l’ennuyer pour je ne savais quelle raison – et m’en moquais éperdument – alors que j’effectuais mon service en salle des machines. Je détestais ce genre d’injustices et n’aimais pas que l’on sème la zizanie au lieu de travailler, alors j’étais intervenu. Je ne m’attendais pas vraiment à le trouver ici, ne l’ayant pas jugé du genre à s’éclipser jusqu’ici malgré le fait que ce n’était pas réellement autorisé, néanmoins je ne pouvais que le comprendre. Il faisait une chaleur à mourir en bas, et passer toute la traversée de l’Atlantique enfermé dans les cales avait de quoi rendre fou. Je m’approchai plus ou moins discrètement jusqu’à m’accouder de nouveau à la balustrade, à quelques mètres de lui, le regard braqué sur le ciel étoilé.

« Décidément, tout le monde est de sortie, ce soir, » dis-je avec un léger sourire moqueur, avant de me tourner vers lui afin de le détailler doucement.
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MessageSujet: Re: across the stars ♠ pv Garett.   Ven 22 Juil - 2:12

L'enfer; voilà l'endroit où je travaillais. Une chaleur insupportable régnait dans la salle des machines. Le bruit était omniprésent que ce soit le bruit métallique puissant et régulier des machines qu'on nourrissait inlassablement au charbon dégageant leur flamme infernale ou le bruit sourde de la respiration des hommes, suant sang et eau à la tâche. Personne ne parlait, personne n'étant assez fou pour dépenser son énergie en futilité qui ne faisait que nous assoiffés encore plus. Je ne savais pas comment je faisais pour supporter cette chaleur plus que caniculaire mais je supportais. Il le fallait, de toute manière. Cependant, la fatigue se faisait de plus en plus présente mais je pelletais sans relâche le charbon l'enfournant dans les chaudières sous le regard attentif des mécaniciens qui veillaient à leur bon fonctionnement. J'avais pris le service de nuit en prenant la place d'un collègue qui ne tenait pas le coup. Le pauvre, il n'avait surement pas de comprendre dans quoi il s'embarquait en prenant ce travail... Ainsi alors j'avais déjà travaillé toute la sainte journée, ayant à peine pris une pause de deux heures pour dormir et manger, j'étais repartie pour un tour. Heureusement, les mécaniciens qui nous supervisait sachant cela on était un peu plus indulgent avec moi et m'ont accordé une pause d'une heure.

Je m'essuyai mon front plein de sueur du revers de la main en soupirant. J'allais enfin pouvoir prendre l'air et voir si le ciel existait toujours. Je passai ma pelle à un de mes camarades le remerciant de prendre le relais. Il me tapa vigoureusement dans le dos en riant disant que c'était normal, il fallait bien aider la petite crevette que j'étais. Je restais plutôt indécis sur la manière de réagir face à cette phrase et j’optai pour un sourire un peu forcé. Puis je partie en me massant le dos étant certain que je devais avoir une belle marque vu comment il frappait fort. Il n’avait pas qu'à être si musclé... ou j'avais qu'à prendre du muscles mais j'étais mince de nature donc bon ... Marchant dans les couloirs vides, je me rendis dans les douches. Je n’avais qu’une hâte sentir l’eau glisser sur mon corps et surtout enlever toute cette suie noire. J’entrai dans une douche me frottant vigoureusement chaque partie de mon corps reprenant ainsi une apparence beaucoup plus humaine. Je regardais l’eau devenir gris à son simple contact me demandant comment c’était possible que le charbon s’immisce ainsi sur ma peau. Une fois propre et sec, j’enfilai des vêtements propres déposant les autres à la blanchisserie.

Et enfin, je sortis du ventre du bateau. Mon premier geste fut de regarder les étoiles au-dessus de ma tête. Une sorte de soulagement s’empara de moi, j’avais presque eu l’impression de devenir claustrophobe à force de vivre dans les tréfonds du Titanic. Un léger sourire naquit sur mes lèvres, admirant la beauté de la nature. Je me rappelais avec une certaine nostalgie que lorsque j’étais enfant, je me demandais comment ont faisaient pour changer les ampoules des étoiles quand elles tombaient en panne. Je marchais tranquillement quand une bourrasque de vent me cingla méchamment le corps. Je me rendis alors compte qu’il faisait froid ce que je n’avais pas remarqué, trop absorbé dans ma contemplation de la voute céleste. Le choc thermique fut assez dur et je me mis à trembler claquant des dents de façon incontrôlable. Je plongeais mes mains dans mes poches et rendrais ma tête dans mes épaules. Je me rendis compte que j’étais vraiment bien habillé pour ce genre de temps et qu’une chemise ne protéger absolument pas du froid. Mais je n’avais pas envie de rentrer à l’intérieur. J’avais soif d’extérieur, d’air marin, de liberté.

Sachant qu’à cette heure-là, il était quasiment impossible de rencontrer des premières classes, je me dis que je pouvais bien aller sur les balustrades pour profiter du panorama. Marchant d’un pas rapide, j’arrivais à destination. Je me penchai dangereusement par-dessus la rambarde. J’étais soudainement euphorique. La vision du paquebot pourfendant la mer, de ces vagues frappant contre la coque, le vent glaciale se faisant de plus en plus violent et la nuit d’encre troués par toutes ses fidèles étoiles, tout cela me grisait. Je ne savais pas ce que l’avenir me réservait mais pour une fois, je profitais simplement de l’instant présent. Aucune pensées défaitistes et désabusé ne vinrent chatouiller mes pensées. J’avais l’impression d’être seul au monde, de vivre en instant d’éternité face à cet océan infini. Soudain, une voix retentit à côté de moi et je frisai la crise cardiaque mettant une main sur mon cœur.

« Décidément, tout le monde est de sortie, ce soir, »

Je tournai alors la tête, le regardant avec étonnement me demandant bien de quoi il me parlait et surtout qui cela pouvait bien être. Un rayon de lune glissa alors nonchalamment sur son visage alors qu’il avait tourné la tête pour me regarder. Je sentis une bouffée de chaleur remonter le long de mes joues et pria le ciel que je ne rougisse pas. C’était l’officier qui m’avait pour ainsi dire sauvé de deux de mes collègues qui m’avait choisi comme leur souffre-douleur du moment. Je ne pouvais nier que mon cœur s’était emballé dans ma poitrine à sa simple vue et surtout que, je ne pouvais nier avoir une forte attirance pour lui. C’était, d’ailleurs, tout à fait stupide de ma part me voyant vraiment pourquoi un officier comme lui s’intéresserait à quelqu’un comme moi… Sur le coup de l’émotion et de la surprise, je reste de longues secondes sans bouger le regardant fixement. Puis reprenant mes esprits et ayant enfin compris la phrase qu’il m’avait dite il y a un instant, je lui répondis.

« Tout le monde ? Comment ça tout le monde ? Il n’y a que nous ici… »

Je regardais autour de moi en disant ça cherchant s’il avait d’autres personnes ici à part nous. Puis je reportai mon attention sur lui, penchant la tête sur le côté d’un air interrogateur. Une autre bourrasque de vent vient m’agresser, me faisant frissonner fortement. Pourquoi n’avais-je pas pris un manteau ? Me dis-je en tremblotant, me mordant les lèvres pour empêcher de claquer des dents. Je me frotter vigoureusement les bras pour essayer de me réchauffer. Puis je repris la parole de manière hésitante ne sachant quoi lui dire tellement j’étais intimidé par lui. Je n’avais pas envie de paraitre idiot à ses yeux mais mon cœur battant la chamade m’empêchait de réfléchir correctement et je sortis la phrase la plus bateau qui soit.

« Hum… Tu, enfin, vous aussi vous êtes venu admirer les étoiles ? Moi, je regarde toujours les étoiles où que je sois, je me dis qu’il y a peut-être quelqu’un pour veiller sur moi la haut vu que j’ai personne ici-bas … »

Mon dieu, je me saurais foutu deux baffes pour avoir sortie un truc pareil. Comment si ma vie l’intéressait… Puis pourquoi je sortais ça ? Ça faisait pauvre gosse abandonné... Enfin, c’était le cas mais tout de même, il avait mieux comme première impression. A vrai dire, ce n’était pas la première vu qu’il m’avait déjà sauvé des griffes des deux imbéciles… Génial, en plus de passer pour la victime de service, je passais pour un pauvre type malheur. Ce n’était pas comme ça que j’allais le séduire… Et sur cette pensée, je me remis à claquer des dents. Le vent me faisant avoir la chair de poule. J’espérais ne pas tomber malade sinon cela risquait d’être très gênant pour le travail et j’avais besoin d’argent.


Dernière édition par Garett Berinton le Sam 23 Juil - 3:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: across the stars ♠ pv Garett.   Sam 23 Juil - 0:09


La vie de marin n’était pas aisée. Si au début, ça n’a pas vraiment été un choix pour moi, elle a finit par le devenir. Poussé à monter sur mon premier paquebot à l’âge de quinze ans par mon père, j’avais alors la certitude que cette vie ne me conviendrait pas. L’on me confiait les tâches les plus ingrates et les plus difficiles, me traitant comme un moins que rien, un bleu que l’on peut se permettre d’ignorer. Mais j’avais finalement fait des rencontres intéressantes et positives, qui m’avaient propulsé vers les postes les plus prisés. Et maintenant, je me trouvais ici, à bord du RMS Titanic, en tant qu’officier. Je m’étais souvent plaint lorsque j’étais plus jeune, il faut dire qu’il m’arrivait parfois de tomber d’épuisement face à tout le travail que l’on me faisait faire. Mais c’est en descendant dans les cales des paquebots dans lesquels j’avais voyagé que je m’étais peu à peu rendu compte que mon existence avait été plus que facile. Le tour de garde que j’avais accomplis la veille dans les cales énormes du Titanic avait été comme une piqûre de rappel. Plus l’appareil était gros, plus il fallait de main d’œuvres, et plus le travail était insoutenable. Un sentiment d’injustice s’emparait de moi lorsque je songeais que la plupart des voyageurs qui se trouvaient à bord du Titanic n’avait jamais pensé et ne penserait jamais à la centaine d’hommes qui travaillaient comme des esclaves ici-bas. Peut-être étaient-ils même persuadés que le paquebot avançait tout seul, poussé par des vents imaginaires qui gonfleraient des voiles invisibles.

Le jeune homme à côté de moi faisait partie de ces ouvriers que l’on traitait comme des moins que rien. Ils étaient invisibles, inexistants aux yeux des autres et pourtant, ô combien essentiels ! Car sans eux, si la moindre défaillance venait à survenir, le voyage serait totalement compromis. J’avais du respect pour ce garçon, même si lui rêvait très certainement d’une vie différente, voire-même peut-être enviait d’autres postes, il faisait partie de la chaîne élémentaire qui faisait avancer le RMS Titanic. Je me glissai donc à ses côtés, et lui adressai la parole comme s’il s’agissait de la chose la plus naturelle au monde. D’autres l’auraient considéré comme un nuisible, l’aurait punis pour sa présence ici. Moi, je ressentais juste cet étrange besoin de réconforter ces yeux et ce visage tristes. Bien qu’en cet instant, ils semblaient plutôt euphoriques, face à l’incroyable sensation de se pencher au-dessus des vagues et de l’écume. Je le vis sursauter et porter une main à son cœur, très certainement surpris, et m’en voulus immédiatement. Je n’avais pas eu l’intention de lui faire peur. Néanmoins, un léger sourire vint fleurir sur mes lèvres.

Je réprimai un léger rire en le voyant regarder autour de lui, à la recherche d’autres personnes. Je me retournai à mon tour et constatai que nous étions absolument seuls. Les jeunes hommes que j’avais aperçu un peu plus tôt devait être de l’autre côté ou était peut-être parti rejoindre leurs cabines. « C’est juste que cet endroit n’est pas pour nous, et j’ai croisé quatre personnes en venant ici. Et maintenant, c’est vous que je croise alors que vous n’êtes absolument pas autorisé à venir ici, dis-je avec un sourire amusé. Mais je vais vous dire la même chose qu’à eux : je ne suis pas de service et ne suis donc qu’un simple civil qui n’a absolument aucun droit de vous dire de partir. »

Je ne tardai pas à remarquer qu’il était transit de froid. Il se mordait la lèvre inférieure pour s’empêcher de claquer des dents, et ce geste pourtant anodin et sans arrière pensée lui allait pourtant terriblement bien. Il frottait ses bras de ses mains que je devinais glacée en espérant gagner un peu de chaleur, mais c’était inutile face à Borée. Il reprit la parole et je reportai mon attention sur lui. De nouveau, un rire manqua de m’échapper lorsqu’il afficha une mine presque dépitée tant il était honteux d’avoir prononcé ces paroles. Je trouvai cette attitude particulièrement charmante, sa maladresse avait quelque chose d’attendrissant. Je levai les yeux vers la voie lactée, et laissai échapper un soupir.

« Je me plais à croire que ma sœur est quelque part parmi elles, avouai-je avec un doux sourire en espérant le soulager un peu. Il n’y a aucune honte à rechercher un peu de réconfort, peu importe le moyen. »

Sur ces paroles, je braquai à nouveau mon regard sur lui, pour constater qu’il ne parvenait même plus à retenir ses claquements de dent. En même temps, il ne portait qu’une chemise. Encore quelques minutes comme ça et il pouvait être sûr de tomber très malade et je ne pouvais pas laisser cela se produire. Un simple ouvrier tel que lui pourrait toujours courir pour obtenir la visite du moindre médecin présent à bord du Titanic et faire son travail en étant gravement malade ne pourrait être que dangereux. J’entrepris de déboutonner ma veste, puis vidai les poches de mon manteau afin de placer leur contenu dans celles de mon pantalon. Je retirai ma veste et m’approchai de lui afin de poser le lourd et chaud manteau sur ses épaules.

« Tenez, n’allez pas tomber malade. »

Le vent froid me fit immédiatement frissonner, mais j’avais l’avantage de porter une veste de costume au-dessus de ma chemise, ainsi qu’une écharpe. Je réarrangeai cette dernière afin qu’elle couvre correctement mon cou et ma poitrine. Je glissai une main dans la poche de mon pantalon afin d’en tirer ma boite métallique et mon briquet. Je plaçai une cigarette entre mes lèvres et l’allumai avant de tendre la boite vers le jeune homme.

« Vous en voulez une, Monsieur… ? » demandai-je avec un sourire, m’enquérant de son nom par la même occasion.
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MessageSujet: Re: across the stars ♠ pv Garett.   Sam 23 Juil - 15:43

Toute ma vie j'avais subis la conception archaïque de la hiérarchie ou plus communément appelé la loi du plus fort. Malheureusement pour moi, il semblerait que j'étais né sous une mauvaise étoile car ça avait toujours été toi qui étais tout en bas de l'échelle. A force, la détermination que j'avais durant mon adolescence à me battre pour arriver à me sortit de cette situation avait laissé place à une lassitude totalement fataliste. J'avais abandonné toute idée qu'un jour je puisse avoir une meilleure vie. J'avais perdu espoir. En fait, je ne vivais plus vraiment, je me contentais d'exister. Je me laissais balloter par les flots du destin même si parfois un regain d'énergie inattendue me prenait. C'était, d''ailleurs, pour ça que j'avais embarqué sur le Titanic pour faire ce travail ingrat et épuisant. Je savais que je pourrais gagner de l'argent et ainsi améliorer ma condition de vie. J'entrevoyais enfin la perspective de ne plus vivre sans toit et sans savoir de ce que demain serait fait. De plus avoir peur qu'à la fin du mois, je n'aurai même plus de quoi me payer un malheur morceau de pain ou une soupe. Je fondais d'énorme espoir sur le Titanic et j'espérais ne pas être déçu par ce navire dit insubmersible.

De toute manière, je ne voyais vraiment qui cela pourrait intéresser de connaitre mes états d'âmes. Je n'étais qu'un petit membre d'équipage perdu au milieu de cet immense paquebot. Je n'avais pas de famille ni même d'amis. J'en venais même à regretter que ma mère met mis au monde car je ne voyais pas à quoi cela pouvait servir de vivre une vie de misère comme la mienne. Cependant, je n’arrivais même pas à lui en vouloir. Si elle m'avait abandonné, c'était surement parce qu'elle avait du pressentir qu'elle ne tirait jamais rien de bon de moi. Pourtant, j'étais travailleur. Je ne ménageais pas ma peine. Je faisais toujours en sorte de donner le meilleure de moi-même dans tout ce que je faisais mais il semblerait que le meilleur de moi ce n'était pas assez... Ainsi je me faisais discret, disparaissant aux yeux des autres sachant que ma petite personne ne risquait pas de leur apporter grand-chose de positif dans leur vie. Alors je me fondais dans le moule. Je me laissais broyer par la hiérarchie acceptant, presque sans regret, le rôle d'être inferieur que l'on m'avait attribué. C'était surement dû à un manque de confiance en moi mais personne ne m'avait jamais montré un quelconque intérêt, ne m'avait montré que je pouvais être quelqu'un et faire quelque chose de ma vie moi aussi. Alors être en présence de cet officier qui me parlait comme si j'étais son égal, cela me chamboulait. Je n'étais pas préparé à ça. Il dégageait une telle prestance, un tel charisme que je me sentais tout misérable à côté. Cela me gênait d'autant plus d'avoir déballé comme ça mes états d'âmes au sujet des étoiles. Et à mon plus grand étonnement, il ne me fit aucunes remarques sarcastiques ou blessantes. Il se mit juste à soupirais doucement levant les yeux vers les étoiles, comme s’il se remémorait un souvenir douloureux. Je m’en voulu. Je n’avais pas envie de le faire songer à des choses tristes de son passé mais il semblerait que j’étais doué qu’à ça. Je savais que j’aurai du me taire. Il me dit alors qu’il pensait que sa sœur vivait quelque part dans les étoiles.

Je ne sus trop comment réagir face à cette révélation. Je supposais que c’était douloureux de perdre quelqu’un qu’on aime mais pour moi qui n’avait jamais connu l’amour d’un foyer, je ne savais pas ce que c’était et je ne pouvais donc pas lui dire je te comprends car cela aurait été complétement faux. Moi, je savais même pas si ma mère était morte ou vive à l’heure qu’il est. Je savais juste qu’elle ne m’aimait pas car la directrice m’avait avoué que quand elle m’avait amené ici alors que je venais à peine de naitre, elle lui dit « débarrasser moi de ça, je n’en veux pas ». Ça avait brisé mon cœur d’enfant qui à l’époque croyait encore que sa mère l’aimait mais qu’elle avait dû l’abandonner à contre cœur. Tous les enfants orphelins pensaient ça car ils n’étaient pas concevable à nos âges de penser qu’on pouvait détester sa descendance, surtout quand on se balader en ville et qu’on voyait des familles heureux jouer ensemble dans le parc. Je me comptais donc d’afficher un petit sourire triste quand il termina par dire qu’il était normal de chercher le réconfort peu importer le moyen.

Je grelottais de froid calquant les dents de manière incontrôlable malgré le fait que j’essayais de me retenir. J’étais vraiment embarrassé de paraitre ainsi devant lui et j’ouvris de grands yeux quand je le vis commencer à ouvrir son manteau me demandant bien ce qu’il comptait faire. Je levai la tête vers lui, pensant fugacement qu’il n’avait pas idée d’être aussi grand, alors qu’il se rapprochait de moi. Je ne bougeais pas, mon cœur s’emballant follement dans ma poitrine. Mon cœur se faisait surement de fausse idée sur les intentions de l’officier envers moi alors que ma raison avait déjà très bien compris que c’était simplement pour me passer son manteau qu’il se rapprochait ainsi de moi. Ce fut ma raison qui gagna. Je fus alors entourait de la douce chaleur de son manteau mes claquements de dents s’apaisant doucement. J’enfoui mon nez dans le col du manteau respirant l’odeur musqué de l’officier incrusté dans le tissu. Je me sentis tout bêtement rassuré. Le rouge me monta soudain aux joues me rendant compte de ce que je venais de faire et je m’enfoui un peu plus dans le manteau beaucoup trop grand pour moi, mes doigts dépassant à peine de ses manches. Sans osé le regarder, je murmurais faiblement ;

« Merci … c’est très gentil de votre part »

N’ayant même pas la force refusée. Habituellement, si on m’avait fait une tel offre alors je réagis au quart de tour refusant tout net que quelqu’un d’un niveau bien supérieur à moi ne vienne s’abaisser à m’aider. Mais avec lui, je me sentais tout simplement heureux qu’il me porte assez d’attention pour oser se sacrifier ainsi pour moi. J’espérais tout de même qu’il n’aurait pas trop froid. J’aurai vraiment mauvaise conscience s’il tombait malade.

Je me tenais tout près de lui, quasiment caché sous son long manteau. Le froid disparaissait peu à peu de mon corps et mes dents arrêtèrent de calquer. Je me permis même un petit soupir de bien-être, les bras négligemment posé sur le rebord de la balustrade. J’aimais le son des vagues, ça m’apaiser mais la présence de l’officier y était aussi pour beaucoup. Pour une fois, je n’étais pas seul et cela faisait du bien. Je tournais la tête vers lui le regardant allumer une cigarette. Je regardais quasiment fixement le bout ardent de cette cigarette. Je mourrais d’envie d’en fumer une car dans les salles des machines, il était interdit de fumer. Il avançait alors sa boite métallique vers moi tout en me demandant : « Vous en voulez une, Monsieur… ? » un sourire ourlant ses lèvres. Je le trouvais beau à sourire ainsi, je trouvais que cela adoucissait son visage et je me mis, encore une fois, à rougir doucement sans même m’en rendre compte. Je lui offris un sourire timide en réponse prenant délicatement une cigarette en main.

« Monsieur Berinton, Garett Berinton mais appelez-moi juste Garett. Et puis-je avoir du feu, monsieur… ? », Fis-je lui renvoyant ainsi la question tout en amenant la cigarette à mes lèvres.
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MessageSujet: Re: across the stars ♠ pv Garett.   Lun 25 Juil - 0:45

Je n’étais pas du genre à me préoccuper des classes sociales. A vrai dire, je n’en avais rien à faire. Mon père et mon grand-père avant lui avaient bien gagné leur vie, nous assurant une existence plutôt aisée, mais nous n’avons jamais vécu dans l’opulence. Ma mère avait connu la pauvreté et avait toujours fait bien attention à ce que tout soit intelligemment dépensé. Mon père était un homme autoritaire qui avait toujours su se faire respecter, mais face à ma mère, il n’avait jamais haussé le ton, car il savait très bien qu’elle criait plus fort que lui. Ce n’était pas coutume, mais c’était elle qui gérait les économies et mon père n’avait pas son mot à dire là-dedans. Ainsi, nous avons pu profiter de quelques vacances au bord d’une mer plus chaude que celle que nous connaissions, mangions parfois des produits plus chers. Mais à l’heure actuelle, j’étais encore persuadé que ma mère gardait des coffres remplis d’argent enterrés quelque part. Ce n’était pas une femme avare, elle était tout simplement trop heureuse d’être sortie de la misère dans laquelle elle avait grandie pour prendre le risque que cela nous arrive un jour. Je songeais parfois qu’à la mort de mes parents, mes sœurs et moi nous partagerions leurs économies, et je me surprenais à sourire en songeant que si cela arrivait, je ne serais peut-être même plus obligé de travailler autant. Mère était une femme pleine de surprises, j’avais appris à le savoir.

C’était les raisons pour lesquelles je n’avais pas les mêmes préjugés que certains. Ma mère, fille de pauvres paysans, avait épousé un officier, après tout. Certes, ce n’était pas comme si elle s’était mariée avec un Noble, mais cela me suffisait. Et puis, qu’il y ait de l’argent ou pas, un être humain restait un être humain, et j’avais tendance à penser que chacun devait être traité de la même manière. D’autres m’auraient très certainement pris pour un fou de penser ainsi, mais j’avais cessé de me préoccuper de l’avis des autres depuis bien longtemps. Si j’avais décidé d’agir autrement, j’aurais très certainement terminé ma vie au fond d’un trou, trop effrayé à l’idée de confronter le monde réel. J’étais différent des autres sous bien des aspects, aussi préférais-je garder ces différences pour moi du mieux que je pouvais, sans pour autant en avoir honte.

Je sentais très bien que le jeune homme à côté de moi était très mal à l’aise. J’avais toujours eu une excellente intuition, ainsi qu’un don pour analyser les gens que je croisais. Je pouvais affirmer très clairement que le garçon était plutôt timide et n’était pas du genre à avoir une grande confiance en lui. Cela se ressentait dans son attitude, sa manière de parler, de se tenir. C’est pourquoi je décidai de lui avouer une chose un peu personnelle, espérant ainsi le mettre un peu plus à l’aise, lui faire comprendre que je me fichais totalement qu’il soit un simple ouvrier et moi un officier. Ce n’était pas la situation professionnelle qui déterminait ce qu’était un homme au plus profond de lui-même. Néanmoins, après toutes ces années, je ressentis un léger pincement au cœur en parlant d’Elisabeth. Au final, je n’avais jamais cessé de m’en vouloir. Un voile de tristesse passa sûrement dans mon regard, car je le vis se refléter sur le visage de mon vis-à-vis qui sembla se sentir coupable pendant un moment. Alors j’esquissai un sourire, afin de lui faire comprendre qu’il n’avait rien fait de mal. Au contraire.

Je devais bien avouer qu’il ne me laissait pas indifférent et c’était sûrement la raison pour laquelle je me montrais aussi aimable avec lui. C’était peut-être aussi la raison pour laquelle je l’avais tiré d’affaire un peu plus tôt. Il était mignon, c’était indéniable, mais il n’y avait pas que ça. Cette espèce de fragilité qui se dégageait de lui ne le rendait que plus attirant à mes yeux. Je le devinais perdu dans ce monde qui pouvait parfois se montrer cruel, mais également désireux de changer de vie, peut-être même de lui donner un sens. Ainsi, je décidai de retirer mon manteau afin de lui donner. Il afficha un air surpris puis je le vis passer ses bras dans ma veste trop grande puis nicher son nez dans le col, puis rougir quelques secondes après. J’arquai un sourcil et son attitude me tira un sourire légèrement moqueur. Mais pas méchant. Juste amusé et un peu flatté, peut-être. Il me donnait l’impression d’être un chaton détrempé que l’on venait de placer dans une grosse couverture près d’un feu et c’était particulièrement attendrissant. J’esquissai un nouveau sourire lorsqu’il me remercia et hochai la tête.

« De rien, dis-je doucement, vous aviez l’air d’être sur le point de mourir de froid. Ça aurait été fort dommage. »

J’allumai ma cigarette et tirai longuement dessus avant d’expulser la fumée par le nez et la bouche, tout en lui en proposant une. Un moyen plus ou moins détourné de lui demander son prénom. De nouveau, je le vis rougir, et je me dis que cette couleur lui allait décidément très bien avant de me surprendre à penser qu’il aurait pu être intéressant de le voir rougir dans d’autres circonstances. Un peu gêné par ces pensées qui vadrouillaient sans me demander mon avis, je faillis ne pas l’entendre lorsqu’il me dit son nom.

« Bien sûr, Garett, » dis-je en m’avançant vers lui.

Je ne me trouvais plus qu’à quelques centimètres de lui lorsque je frottais la pierre qui alluma une flamme au sommet de mon briquet. Je protégeai la flamme vacillante de ma main, jusqu’à ce qu’elle allume le bâton de tabac puis l’éteignait avant de ranger le briquet dans ma poche. Je tirai une nouvelle bouffée sur ma cigarette.

« Joseph Boxhall, à votre service, dis-je en tendant ma main avec un sourire. Mais appelez-moi Joseph. Mr Boxhall, c’est mon père. »

J’attendis qu’il saisisse ma main et la serrai doucement, un léger frisson remontant le long de mon bras au contact de sa paume encore fraîche. Puis je relâchai doucement sa main, mes doigts frôlant sa peau dans une caresse délicate, innocente. Je plongeai ma main dans la poche de mon pantalon d’uniforme et saisis ma cigarette de l’autre main. Un soupir mêlé de fumer de cigarette franchit la barrière de mes lèvres tandis que je braquais à nouveau mon regard sur Garett. « Alors, vous avez prévu quelque chose une fois que nous aurons mis le pied sur le sol américain ? » demandai-je histoire de faire la conversation.
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MessageSujet: Re: across the stars ♠ pv Garett.   Lun 25 Juil - 6:12

Dès que j'étais livré à moi-même, je repensais constamment à mon enfance. Cela me torturait tout le temps d’une manière ou d’une autre. Il semblerait que je n'arrivais toujours pas surmonter mes traumatismes. Il n'y avait qu'à voir comment chaque soir j'allumais une bougie pour ne pas rester dans le noir. J'avais un peur atroce du noir. Il suffisait que je reste un seul instant dans l'obscurité pour que je sois pris des pires angoisses qu'il soit. Des souvenirs de mes enfermements dans le grenier où je me déchirais la peau de mes mains à force de frapper contre la porte remontaient à la surface. Je me revoyais entrain de supplier en pleurant qu'on vienne me sortir de la alors que j'entendais le rire de mes tortionnaires de l'autre côté. Je me remémorais les pluies de coups que je recevais ne sachant jamais quand cela allait s’arrêter. Cela me coupait la respiration et je me recroquevillais sur moi-même essayant de chasser ses souvenirs de souffrances sans jamais y arriver. J'avais l'impression dans ces moments, de sentir encore les coups sur mon corps. Au moins, jamais ils n'avaient frappés mon visage sachant que comme j'étais le premier soliste de la chorale, cela ferait tâche et qu'on les soupçonnerait immédiatement. Je n'ai jamais rien à personne des persécutions dans j'avais été victime, de cette angoisse de les voir quand je rentrais à l'orphelinat, de cette peur de les croiser dans les couloirs, de cette terreur qu'ils m'emmènent encore une fois dans le grenier pour me faire comprendre que je leur étais inférieur. Non personne n'était au courant. J’avais eu beaucoup trop peur de ce qu'ils étaient capable de faire s’ils apprenaient que j’avais parlé.

Je me souviens d'un jour, alors que je travaillais sur les docks et que cela faisais déjà plus de trois ans que j'avais quitté l'orphelinat, je les avais croisés. Mes yeux s'étaient agrandis d'horreur et je me suis mis à trembler de manière incontrôlable. Je voyais en vrai le cauchemar qui chaque nuit m'empêchait de dormir correctement. Ils étaient là, rigolant d'un rire gras de tapant dessus pour s'amuser, des bouteilles de bières à la main, le visage crasseux. Puis alors que je portais un sac de ciment, je croisais le regard de l'un deux. De suite, je sus qu'il m'avait reconnu. Il affichait le même sourire plein de mauvaiseté. Alors je fuis. J’abandonnai tout sur place. Je me mis à courir à perdre l'haleine, la peur me déchirant les entrailles. Heureusement, j’avais été rapide et il n’eut pas le temps de faire rappliquer ses amis. Cependant, tout le reste de l’après-midi et une bonne partie de la nuit, je restai prostré dans une ruelle obscure entre une boite en carton et un sac poubelle. J’avais pourtant cru avoir surmonté ça, mais ce n’était malheureusement pas le cas. C’était de la que venait mon tel manque de confiance en moi, ma timidité quasi maladive et cette passivité presque inquiétante quand quelqu’un me faisait du mal. Comme avec les deux types dans la salle des machines où j’étais resté là sans rien faire. Ce n’était pas de la peur, c’était du renoncement. J’avais renoncé à l’idée que je pouvais être quelque chose d’autre qu’une personne victime des autres. Alors à quoi bon réagir quand on m’importune puisque j’étais fait pour avoir ce rôle. Les bourreaux de mon enfance avaient bien réussi leur job en me brisant ainsi. Dire que si l’officier n’était pas venu à la rescousse ce jour-là, je serais devenu le souffre-douleur attitré de ses deux types. C’était affligeant.

Ainsi j’adoptais souvent une mine découragé tel un vieux chien habitué à être battu pour un rien. La seule chose de positive dans tout ça, c’est que je n’avais jamais eu aucun problème avec mes employés. Je savais parfaitement où était ma place et je n’avais aucun ambition mal placé, ils étaient donc toujours très satisfait de moi surtout que j’étais quelqu’un de très travailleur, loyal et tout ce qu’il avait de plus honnête. Ce dernier trait de ma personnalité était plutôt ennuyeux pour moi car j’avais du mal à cacher mes émotions, rougissant dès que je ressentais une émotion plus ou moins forte. J’avais l’impression que cela me donnait un air de jeune vierge effarouché, ce qui n’était d’ailleurs pas faux … De ce fait, face à l’officier, je m’étais mis encore une fois à rougir. Je sentais la chaleur cuir de plus en plus mes joues sans que je puisse faire quoique ce soit alors qu’il s’approchait de moi après avoir dit mon prénom. Je savais bien qu’il n’allait qu’allumer ma cigarette mais le voir si proche de moi me mettait dans mes états. Je le regardais de mes grands yeux bleus ne bougeant plus d’un millimètre alors que son visage était à à peine quelques centimètres du mien pendant qu’il allumait ma cigarette. Mon cœur se mit à fait des soubresauts incontrôlables, mon rythme cardiaque battant surement un nouveau record. Tandis qu’il rangeais son briquet, je pris une grande bouffée de ma cigarette pour me calmer. A vrai dire, je ne savais pas vraiment pourquoi je réagissais comme ça en sa présence et pour tout dire je préférais ne pas savoir me disant par avance qu’il ne fallait pas trop rêver. Puis je ne voyais ce que je pouvais avoir d’assez intéressant pour attirer un homme, et surtout un homme comme lui. De plus, j’avais un manque total d’expérience. A mon âge, c’est vraiment affligeant de voir que même mes lèvres étaient encore vierges de tous baisers. J’expirais alors doucement la fumée par ma bouche légèrement entrouverte.

L’officier se présenta alors à moi. Je ne pus réprimer un léger sourire d’apparaitre une fraction de seconde sur mes lèvres quand je l’entendis dire « à votre service ». C’est que j’en aurai de services à lui demander... Je m’infligeais une claque mentale pour avoir pensé une chose pareil à son sujet. Je me trouvai drôlement embarrassé quand il me tendit sa main, sachant que cela me perturberait encore plus de toucher sa peau. Je le regardais avec hésitation, oscillant entre sa main et son visage souriant avant de la serrer avec précaution. Le contact de sa paume chaude contre la mienne me procura un délicieux frisson le long de l’échine. Cela ne fit que renforcé ma rougeur qui semble-t-il ne voulait plus me lâcher en sa présence. Quand il desserra sa poignée de main, ses doigts vinrent caresser ma peau délicatement. Ce geste, pourtant innocent, me troubla énormément et je me mordis la lèvre inférieur d’un air effarouché, mes yeux fuyant son visage espérant ainsi qu’il ne voit pas mon émoi. Je n’aimais pas particulièrement sentir ce sentiment grandir de plus en plus à l’intérieur de moi. Surtout que je pensais n’avoir strictement aucune chance et que je ne pouvais contrôle. Inconsciemment, je ramenai ma main contre moi gardant le silence. Je n’avais jamais été doué pour faire la conversation et cela ne risquait pas de changer aujourd’hui. Je pris donc tranquillement une taffe pour retrouver une certaine contenance. Je posai mon bras contre la balustrade, regardant l’océan reprenant ma mine découragé habituelle. Je soufflai doucement la fumée de ma cigarette alors que Joseph me posait une question. Mon regard devient alors vague et lointain fixant un point imaginaire dans l’horizon. Je m’étais jamais posé cette question et cela réveillait d’obscures angoisses en moi.

« Je sais pas… J’y ai pas réfléchit. Il parait qu’en Amérique, on peut réaliser tous ses rêves si on a un minimum de courage. Moi, j’ai plus de rêve et mon courage… ça fait bien longtemps qu’il m’a quitté. Enfin, si un jour j’en ai eu… Vous savez, à un moment, j’ai rêvé de devenir chanteur. On m’avait toujours dit que j’avais une belle voix. Malheureusement, ça n’a pas marché… Je n’étais pas vendeur pour la clientèle féminine car j’étais, enfin, je suis... »


Je m’arrêtai soudainement de parler me rendant compte avec horreur que j’avais failli sortir que j’étais gay. Je déglutis nerveusement regardant avec un grand intérêt une étoile dans le ciel. Il y avait quasiment aucune chance que Joseph puisse être intéressé par les hommes et à notre époque, c’était extrêmement mal vue. Je voulais absolument qu’il ne sache pas que je n’étais pas hétéro car sinon je risquais d’avoir de gros problème et en plus, la désagréable vision de son regard emplit de dégout et de haire envers moi. Je n’avais absolument pas envie de voir ça. Je tirai rapidement une taffe de ma cigarette d’un geste nerveux et repris la parole avec empressement en me tournant vers lui. Je ne lui avais même pas laissé le temps de dire quoique ce soit. J’agitais ma main libre devant moi, l’air de dire que c’était rien.

« Oubliez ce que je viens de dire ! Vous vous n’intéressez surement pas aux déboires de quelqu’un comme moi et vous, vous comptez faire quoi en Amérique ? Vous devez surement avoir des projets. »

Je le regardais avec grand intérêt prenant une dernière bouffée de ma cigarette. Puis je la balançai par-dessus bord, le bout incandescent tourbillonnant dans le vide avant de s’éteindre au contact de l’eau s’enfonçant inexorable dans les ténèbres des profondeurs. J’expirais la fumée de manière distraite, complétement angoissé qu’il puisse comprendre ce que je ne voulais pas qu’il comprenne. J’enfonçais mes mains dans les poches du manteau, nichant mon nez dans le col pour me protéger du vent tout en baissant les yeux sur le bout de mes chaussures pour ne pas croiser son regard.
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